Les Accréditations Musique : La Nouvelle Folie des Portfolios
Ces dernières années, obtenir une accréditation pour couvrir un concert, que ce soit du pop, du rock, du rap ou de la musique actuelle, est devenu un parcours du combattant. Et la nouvelle tendance qui gangrène le milieu ? Demander le portfolio complet des photographes. Sérieusement !
Pourquoi les portfolios deviennent-ils une obsession ?
Je comprends qu’on veuille jauger la qualité du travail, mais jusqu’où va cette obsession ? Les producteurs et attachés de presse semblent maintenant croire que le nombre de followers d’un photographe détermine la valeur de ses images. Oui, vous avez bien lu : la visibilité sur Instagram vaut plus que l’expérience, les compétences ou même le sérieux d’un photographe !
La déconnexion totale avec la réalité
Dans beaucoup de ces équipes, on retrouve des personnes qui ont atterri par hasard dans l’industrie musicale, sans la moindre connaissance de la presse ni du monde du live. Résultat : des demandes absurdes qui n’ont aucun sens, comme exiger l’envoi des photos avant toute publication pour validation.
Franchement, si vous créditez quelqu’un pour un concert, c’est que vous êtes d’accord pour qu’il diffuse ses photos. Point. Qu’il s’agisse de vous, de l’artiste ou de son management, ces exigences sont ridicules et nuisent à toute l’industrie, et en particulier aux artistes.
Quand la presse musicale tourne au ridicule
Imaginez un instant : au Festival de Cannes ou aux Golden Globes, Arnold Schwarzenegger ou Natalie Portman demanderaient aux 250 photographes et 100 cadreurs de télévision d’envoyer leurs photos pour validation. Mort de rire. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui dans le milieu musical, et c’est insupportable.
Les conséquences de ces absurdités
Ces pratiques ont deux effets immédiats :
Elles découragent les photographes sérieux et expérimentés.
Elles font dériver les métiers liés à la presse musicale, qui deviennent de plus en plus absurdes et bureaucratiques.
En résumé, plus ces exigences farfelues se multiplient, plus le milieu perd de sa crédibilité et de son professionnalisme. En gros, vous passez pour des cons x)
La solution ? Du bon sens, tout simplement
Pour accréditer un photographe pour un magazine papier ou en ligne, le minimum serait de regarder les reportages déjà publiés sur ce magazine, et non de juger le nombre de followers ou de demander à voir chaque photo avant publication.
Si vous êtes producteur, attaché de presse ou management d’artiste : un conseil gratuit : retournez bosser chez Carrefour si vous trouvez que ces règles sont normales.
Pour les photographes : gardez la tête haute
Si vous êtes accrédité et que des demandes absurdes tombent sur votre table, souvenez-vous : vous n’avez aucune obligation de les accepter. Un concert reste un concert, et 95 % du temps, les photographes ne sont même pas rémunérés ; ils font ça pour des associations, du bénévolat, ou juste par passion. Avec ce genre de conditions ridicules, ce n’est pas normal de se casser le cul à se déplacer pour des gens qui n’ont que des exigences absurdes.
Si je devais être accrédité pour un concert et qu’on me demandait de valider chaque photo avant publication, ou pire, de signer un contrat avec des clauses absurdes sur les droits d’auteur, je n’y mettrais pas les pieds. Avec près de 20 ans d’expérience, avoir travaillé pour un paquet d’artistes et de prod, j’ai vraiment mieux à faire que de me plier à des règles débiles.
Être accrédité, c’est avant tout une question de confiance. À partir du moment où on vous fait confiance, il n’y a pas besoin de vous fliquer. On n’est pas à l’école, et si j’avais voulu un patron au-dessus de moi, j’aurais choisi le privé, pas le métier de photographe indépendant. Si les conditions d’un concert ne vous conviennent pas, ce n’est pas grave : vous pourrez photographier cet artiste plus tard dans un festival ou ailleurs, avec des conditions respectables.
Avant, les photographes de la vieille école ne se laissaient pas marcher sur les pieds. S’il y avait des conditions inacceptables, ils disaient simplement d’aller se faire voir et allaient boire un verre au bar. Aujourd’hui, certains se pressent pour photographier un petit concert juste pour se congratuler sur Instagram… non merci. Restez professionnel, gardez votre liberté et votre dignité : ce métier n’a jamais été fait pour se faire fliquer par des guignols.
Conclusion
Le monde de la musique et de la presse est en train de se ridiculiser avec ces exigences absurdes. Les portfolios et les validations avant publication ne remplacent pas l’expérience, le talent et le sérieux. Si vous êtes photographe, restez professionnel. Si vous êtes producteur ou management : réfléchissez un peu avant d’exiger des inepties.



Leave a reply